Africa for Women's Rights | L'afrique pour les droits des femmes

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短篇散集小黄说Wednesday 17 October 2012

RDC : DECLARATION DE L’ASADHO A L’OCCASION DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME RURALE

短篇散集小黄说

En marge de la date du 15 octobre, Journée Internationale consacrée auxfemmes rurales par l’Assemblée Générale des Nations Unies depuis 2008,l’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle,saisie cette occasion pour rappeler au Gouvernement Congolais les engagementsqu’il avait pris au mois de mars 2012 pour faciliter et améliorer le travaildes femmes rurales.

Malgré le r?le majeur qu’elles jouent pour assurer la sécurité alimentaireet l’approvisionnement des grands centres urbain en produits agricoles, ellesrencontrent beaucoup de difficultés pour accéder aux services essentiels telsque le crédit bancaire, les intrants, les outils de travail, l’eau, laformation et l’éducation.

En plus, il importe d’indiquer que leur contribution au sein de la sociétéest largement méconnue quand bien même elles s’occupent non seulement dest?ches agricoles mais également de celles propres à leurs foyers et à lacommunauté. En effet, la plupart de ces femmes font face à de véritablesobstacles pour subvenir aux besoins de leur famille et pour leur épanouissementintégral.

C’est pourquoi, il est important à cette occasion de rappeler auGouvernement de la R.D.Congo son engagement ??d’investir dans la femmerurale et la jeune fille pour un avenir meilleur ?.

Dans cette optique, le Gouvernement congolais devrait mettre en place desmécanismes qui permettent aux femmes rurales d’accéder au crédit bancaire à desconditions favorables et de leur fournir des outils et des intrants nécessairesà l’amélioration de leurs conditions de travail.

Face à cette situation, l’ASADHO recommande?:

§ Au gouvernement?:

- De poursuivre son projet tendant à réhabiliter et d’entretenir les routesde desserte agricole pour faciliter aux femmes rurales l’écoulement de leursproduits agricoles.

§ Au Ministère du genre, de la famille et de l’enfant?:

- De mettre en place un programme d’encadrement des femmes rurales en vue derenforcer leur capacité de production?;

- De mettre à la disposition des femmes rurales des facilités tendant àl’amélioration de leurs activités (outils, accès au crédit bancaire, accès àdes lopins des terres…)

§ Au Parlement?:

- De voter une loi qui facilite l’accès de la femme à la propriété foncièreet aux micros crédits?;

§ A la communauté internationale?:

- De soutenir matériellement et financièrement les ONG nationales ?uvrantdans les actions tendant à promouvoir et à protéger ces femmesrurales?;

DITSHWANELO – The Botswana Centre for Human Rights: Press statement on the landmark customary inheritance law decision

12 October 2012, Gaborone – The Botswana Centre for HumanRights notes with appreciation, today’s High Court decision in the case ofMmusi and Others v Ramantele and Another. Judge Key Dingake ruled that theNgwaketse customary law inheritance rule, which hitherto has provided formale-only inheritance of the family home, is discriminatory.

Attorney Tshiamo Rantao, representing Mmusi and her sisters, had argued thatthis provision is discriminatory on a number of grounds. These included section3 of the Constitution of Botswana which provides for the right to equality andreference to relevant regional and international law. In contrast, AttorneyThabiso Tafila representing the nephew, Ramantele, had argued that thiscustomary law did not discriminate against women, but merely differentiatedbetween men and women. The Court asked the Attorney-General for an opinion toassist it in its decision-making. The Attorney-General argued that Botswanasociety was not ready for equality even though the customary rule isdiscriminatory. The Attorney-General argued that the rule should remain.

This ruling is particularly timely as Botswana will be appearing before theHuman Rights Council in February 2013 for its second cycle of the UniversalPeriodic Review (UPR). In the first UPR review in 2008, the Human RightsCouncil (through Canada) had recommended that ‘Botswana increase efforts toraise awareness of the precedence of constitutional law over customary laws andpractices to promote gender equality’. Botswana’s response was that ‘Botswanadoes not accept the recommendation. Customary law is not in conflict withconstitutional law’. The Human Rights Council (through Mexico) had recommendedthat Botswana ‘adopt measures necessary for harmonising customary laws withinternational instruments’. Botswana had replied that it ‘does not consider itscustomary law to be in conflict with international instruments, and thereforedoes not accept the recommendation’.

Today’s ruling clearly indicates that the customary law inheritance rulewhich allows for male-only inheritance of the family home by the youngest-bornson, is not in conformity with either the Constitution of Botswana orinternational instruments to which Botswana has committed herself.

Thursday8 March 2012

Guinée : Nos organisations attendent des engagements forts des autorités sur la protection des droits des femmes

Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme – FIDH CoalitionNationale de Guinée pour le Droit et la Citoyenneté des Femmes - CONAG-DCFOrganisation guinéenne de défense des droits de l'Homme et du citoyen - OGDH LaCampagne ??L'Afrique pour les droits des femmes?: ratifier etrespecter!??

http://www.fidh.org/Nos-organisations-attendent-des

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nosorganisations, dans le cadre de la campagne ??l'Afrique pour les droitsdes femmes?: ratifier et respecter! ?, appellent les autorités guinéennesà s'engager résolument vers la ratification du Protocole à la Convention surl'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes(Protocole à la CEDAW) et du Protocole à la Charte africaine des droits del'Homme et des peuples sur les droits des femmes en Afrique (Protocole deMaputo) et à prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre lesdiscriminations et les violences.

??Un engagement ferme du Président Alpha Condé et de songouvernement pour la protection des droits des femmes serait salué par tous lesdéfenseurs des droits de la personne en Guinée et dans le monde entier. Lajournée du 8 mars est une formidable occasion pour le pouvoir d'exprimer sadétermination à éliminer toute discrimination entre les hommes et les femmes età endiguer toutes violences faites aux femmes et de passer aux actes ?, adéclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Nos organisations sont particulièrement préoccupées par la persistance enGuinée de dispositions législatives discriminatoires à l'égard des femmes et depratiques traditionnelles néfastes, telles que les mariages précoces et forcéset les mutilations génitales féminines; ainsi que par l’accès limité des femmesà l’éducation, à la santé, au marché du travail, aux postes de décision et à lajustice1.

??La Guinée fait aujourd'hui partie de la minorité des pays ducontinent qui n'ont pas ratifié le Protocole de Maputo, instrument fondamentalpour protéger les droits des femmes africaines ?, insiste Hadja FatoumataSall, présidente de la CONAG-DCF, ??En outre elle n'a toujours pasratifié le Protocole à la CEDAW, qui permettrait aux femmes guinéennes victimesde violations, si elle n'ont pas accès à la justice nationale, de saisir lemécanisme international dédié pour faire valoir leurs droits.??

Nos organisations rappellent que si les violences domestiques, tout comme leviol, constituent des infractions d’après le Code pénal, l'impunité des auteursde ces crimes reste la règle. Elles relèvent néanmoins que les avancéesrécentes dans la procédure judiciaire menée contre les auteurs du massacre du28 septembre 2009 où plus de 150 personnes ont été tuées et 100 femmes violéeslors de la répression par les forces de sécurité d'une manifestation pacifiquede l'opposition constituent un réel espoir dans le combat contre l'impunité enGuinée, notamment pour toutes les femmes victimes de violences sexuelles. ?La procédure engagée sur les crimes du 28 septembre 2009 doit pouvoirprospérer en toute indépendance ?, a ajouté Abdoul Gadiry Diallo,président par intérim de l'OGDH.

Par ailleurs, un effort conséquent doit être fourni par les autoritésguinéennes pour permettre l’accès des femmes à la justice rendu quasimentimpossible notamment en raison du manque d’information sur les droits et leslois qui protègent les femmes, du fort taux d’analphabétisme chez les femmes,des co?ts des procédures trop élevés. Le manque de formation des personnels depolice et de justice souvent corrompus entrave l’aboutissement des plaintes etdissuadent les victimes de recourir à la justice pour faire valoir leursdroits.

Aussi, nos organisations appellent à des engagements forts du PrésidentAlpha Condé et de son gouvernement quant à la ratification des conventions deprotection des droits des femmes, leur transcription en droit interne et leurapplication effective pour lutter contre les discriminations et lesviolences.

Nous recommandons également aux autorités de prendre toutes les mesuresnécessaires pour favoriser l'accès des femmes à l'emploi et aux postes deprises de décision.

Nous invitons enfin les hommes et les femmes à se mobiliser pour faire dumessage de la campagne ??L'Afrique pour le droit des femmes?:Ratifier et Respecter?! ? une réalité en Guinée et dans le mondeentier.

Contacts presse?:

à Conakry?: Abdoul Gadiry DIALLO?: + 224 60 34 17 71 FatoumataSALL?: + 224 63 21 00 25

à Paris?: Karine APPY?: + 33 (0) 6 48 05 91 57 Arthur MANET?:+33 (0) 6 72 28 42 94

Sénégal : communiqué de presse de la LSDH à l'occasion du 8 mars 2012

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) saisit la journée du 08 Marspour dénoncer plus que jamais les nombreuses atteintes aux droits des femmes auSénégal dont les plus phénoménales demeurent incontestablement les atteintes àla vie, les atteintes à l’intégrité corporelle, les agressions sexuelles ettoutes sortes de violations psychologiques et morales.

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) fustige plus particulièrementles viols perpétrés sur des jeunes filles, les cas d’inceste, causes detraumatismes non prises en charge par la société et les mariages précocescompromettant irrémédiablement les ambitions scolaires des jeunes fillesprédisposées à des études poussées.

La Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH) appelle en fin àl’harmonisation de notre droit positif notamment le Code de la Famille parrapport aux Conventions Internationales ratifiées par les autoritéssénégalaises et singulièrement le Protocole Additionnel à la Charte africainedes droits de l’Homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique,ou Protocole de Maputo en vue d’une éradication définitive de toutes formes dediscriminations subsistantes dans nos législations malgré les nombreusesavancées enregistrées ces dernières années.

CONTACT LSDH?: Maitre Fatimata SALL, Avocate à la cour, Chargée decommunication LSDH, +221 77 644 11 19

Monday 16 January 2012

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République du Mali: Nous sommes indignés!

Lettre ouverte envoyée par l’Espace d’Echanges, de Dialogue et d’Actions des femmes du Mali

Bamako, le 12 janvier 2012

Monsieur le Président de la République,

Nous sommes indignés!

Indignés face au nouveau Code des personnes et de la famille, qui vientd'être adopté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale, le 2 décembre 2011.Ce Code, qui était censé corriger les discriminations et améliorer le statut dela femme malienne et des enfants maliens, en réduisant les inégalités et enharmonisant les lois internes avec les conventions régionales etinternationales ratifiées, a été une véritable déception et un vrai recul enmatière de droits humains des femmes et des enfants. Comment comprendrequ’après la ratification par le Mali des instruments régionaux de protectiondes droits de la femme, comme le Protocole de Maputo et la Convention desNations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discriminations àl'égard de la femme, le Mali puisse élaborer un Code des personnes aussidiscriminatoire et rétrograde, qui légitime les inégalités? Même les droits quiavaient été acquis depuis 1962 et 1973 ont été remis en cause dans ce nouveauCode des personnes et de la famille. Nous avons ainsi reculé de 50ans.

A titre d’exemples, voici quelques articles.

L’enfant naturel avait un statut stable au Mali depuis 1973.Malheureusement, ses droits viennent d’être remis en cause dans l’Article 481alinéa 1 du nouveau Code, comme suit:??Tout enfant né hors mariage, autreque celui né d’un commerce adultérin, peut être légitimé par le mariagesubséquent de ses père et mère, lorsque ceux-ci les ont reconnus avant leurmariage et les reconnaissent au moment de sa célébration. Dans ce denier cas,l’officier de l’état civil qui procède au mariage constate la reconnaissance etla légitimation dans un acte séparé?; alors que le texte adopté en 2009 disait:?Tout enfant né hors mariage, f?t- il décédé, est légitimé de plein droit parle mariage subséquent de ses père et mère…?.

Article 282?(2011): ?L’?ge minimum pour contracter mariage est fixé àdix huit ans pour l’homme et seize ans pour la femme?.

Article 285,?Alinéa 1 (2011):??Le futur époux ne peut contractermariage, en cas de dispense d’?ge, sans le consentement de ses père et mère. Encas de désaccord, l’avis du père suffit?; Alinéa 2?:???En cas dedécès ou d’impossibilité pour le père de manifester sa volonté, le consentementdu conseil de famille élargi à la mère suffit?.
Article 290 (2011):?citant les mariages désormais non prohibés. ?- L’hommeet l’ancienne épouse de ses oncles paternels et maternels, - La femme et lefrère de son mari vivant, - L’adoptant et l’adopté, peuvent se marier?. Où estla morale, religieuse comme coutumière, ici?? N’est ce pas la porteouverte à des conflits familiaux qui vont nécessairement troubler l’ordrepublic?

L’adoption-filiation n’est plus permise qu’aux Maliens, ce qui exclutl’adoption internationale, malgré tous ces bébés abandonnés qui sont mortscette année à la Pouponnière. Faut-il rappeler à ce sujet que le Mali a ratifiéla Convention de la Haye? Dans l’Article 347 sur les causes de divorce, on aajouté en 2011:??- Le manquement à un engagement substantiel?. C’est unecause fourre-tout, non explicitée.

Le Mali est donc un Etat qui ratifie les textes régionaux et internationauxpour faire bonne figure et empêche ensuite ses citoyens d’en jouir. Exemplepatent: l’ancien Article 25 (2009) stipulait? que ?Les Traités etConventions régionaux et internationaux relatifs aux droits de la femme et del’enfant ratifiés par le Mali s’appliquent?. Il a été supprimé dans la version2011. Les dirigeants maliens sont pourtant fiers de clamer que la démocratiemalienne est un modèle. Quelle démocratie? Et quel respect des droits del’homme? Ce code est inique, car il institue de nouvelles discriminations et enlégitime d’autres.

Le 3 novembre 2000, à l’issue du Symposium international sur le bilan despratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espacefrancophone, les Ministres et Chefs de Délégation des Etats et Gouvernementsdes pays ayant le Fran?ais en partage ont adopté la Déclaration de Bamako.Celle-ci affirme: ?la démocratie, pour les citoyens, y compris, parmi eux, lesplus pauvres et les plus défavorisés, se juge, avant tout, à l’aune du respectscrupuleux et de la pleine jouissance de tous les droits, civils et politiques,économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties …?. LeMali a souscrit à cette déclaration, qui contient des engagements qu’il se doitde respecter.

Nous sommes indignés parce que la République du Mali ne respecte pas sesengagements! Aucun pays ne peut atteindre un développement durable enmarginalisant la moitié de sa population. C’est pourquoi nous vous invitons,Monsieur le Président de la République, Amadou Toumani Touré, Grand défenseurdes droits des femmes, Vos s?urs, et des enfants, Vos amis, à ne pas promulguerce texte, qui a cessé d’être consensuel et qui viole notre Loi fondamentale, laConstitution. Nous lan?ons également un vibrant appel aux membres de la CourConstitutionnelle pour qu’ils déclarent le nouveau Code des Personnes et de laFamille du Mali anticonstitutionnel. Nous réaffirmons aussi notre engagement àne rien faire qui puisse troubler la paix sociale dans notre pays. Convaincusque les lois ne se décrètent pas dans la rue, nous ne l’occuperons pas,nonobstant notre capacité de mobilisation. Nous préférons interpeller nosautorités exécutives et législatives afin qu’elles mesurent toute la portéenéfaste pour le Mali, aux plans national et international, du Code desPersonnes et de la Famille adopté le 2 décembre 2011 et que, conformément àleurs engagements et à la la?cité proclamée de notre République, elles luiapportent les amendements nécessaires à sa mise en conformité avec les Traités,Conventions et autres instruments juridiques sous-régionaux, régionaux etinternationaux signés et ratifiés par le Mali.

L’Espace d’Echanges, de Dialogue et d’ Actions des femmes duMali

Tuesday 10 January 2012

Mali: Les associations demandent la non-promulgation du Code de la famille

Communiqué de Presse de l’Espace d’échange et de concertation desfemmes du Mali

INDIGNONS-NOUS!

Indignons- nous face au nouveau Code des personnes et de la famille, quivient d'être adopté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale, le 2 décembre2011.

Ce code, qui était censé corriger les discriminations et améliorer le statutde la femme malienne et des enfants maliens, en réduisant les inégalités et enharmonisant les lois internes avec les conventions régionales etinternationales ratifiées, a été une véritable déception et un vrai recul enmatière de droits humains des femmes et des enfants.

Comment comprendre qu’après la ratification par le Mali des instrumentsrégionaux de protection des droits de la femme, comme le Protocole de Maputo etla Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes dediscriminations à l'égard de la femme, le Mali puisse élaborer un Code despersonnes aussi discriminatoire et rétrograde, qui légitime les inégalités?Même les droits qui avaient été acquis depuis 1962 et 1973 ont été remis encause dans ce nouveau Code des personnes et de la famille. Nous avons ainsireculé de 50 ans.

Le Mali est donc un Etat qui ratifie les textes régionaux et internationauxpour faire bonne figure et empêche ensuite ses citoyens d’en jouir. Sesdirigeants sont pourtant fiers de clamer que la démocratie malienne est unmodèle. Quelle démocratie? Et quel respect des droits de l’homme? Ce code estinique, car il institue de nouvelles discriminations et en légitimed’autres.

Le 3 novembre 2000, à l’issue du Symposium international sur le bilan despratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espacefrancophone, les Ministres et Chefs de Délégation des Etats et Gouvernementsdes pays ayant le Fran?ais en partage ont adopté la Déclaration de Bamako.Celle-ci affirme: ?la démocratie, pour les citoyens, y compris, parmi eux, lesplus pauvres et les plus défavorisés, se juge, avant tout, à l’aune du respectscrupuleux et de la pleine jouissance de tous les droits, civils et politiques,économiques, sociaux et culturels, assortis de mécanismes de garanties …?. LeMali a souscrit à cette déclaration, qui contient des engagements qu’il se doitde respecter.

Indignons-nous, parce que la République du Mali ne respecte pas sesengagements!

Aucun pays ne peut atteindre un développement durable en marginalisant lamoitié de sa population. C’est pourquoi nous invitons Monsieur le Président dela République, Amadou Toumani Touré, grand défenseur des droits des femmes, sess?urs, et des enfants, ses amis, à ne pas promulguer ce texte, qui a cesséd’être consensuel et qui viole notre Loi fondamentale, laConstitution.

Indignons-nous?!

L’Espace d’échange et de concertation des femmes duMali

Friday9 December 2011

Mali : Le nouveau Code de la famille malien - droits fondamentaux bafoués, discriminations consacrées

Communiqué conjoint

La Campagne ??L'Afrique pour les droits des femmes ?** -Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) - WILDAF/MALI- Association malienne des droits de l'Homme (AMDH)

http://www.fidh.org/Le-nouveau-Code-de-la-famille

Paris, Bamako, le 8 décembre 2011 - Depuis plus de dix ans,les femmes maliennes attendent l'adoption d'un Code de la famille pour queleurs droits fondamentaux soient respectés. Or, le 2 décembre 2011, l'Assembléenationale malienne a adopté un texte qui, au contraire, perpétue lesdiscriminations. Un premier projet du Code de la famille, qui avait faitl'objet de longues années de réflexion et de concertation entre les différentsacteurs de la société malienne, avait été adopté par l'Assemblée nationale enao?t 2009. Sans consacrer l'égalité des sexes, il contenait toutefoisd'importantes avancées. Mais à la suite de manifestations des forces les plusconservatrices, le Président Amadou Toumani Touré avait décidé de ne pas lepromulguer et l’avait renvoyé en deuxième lecture. Au cours de la révision dutexte, les dispositions centrales concernant l'?ge du mariage, la garde desenfants, l'héritage ont subi des modifications telles qu'elles vont àl'encontre du principe même d'égalité des sexes.

Selon le nouveau Code, ??la femme doit obéissance à son mari?? etl’homme est consacré comme unique chef de famille (??puissance paternelle?). L'?ge légal du mariage est de 18 ans pour l'homme et de 16 ans pour lafemme. Par ailleurs, dans certains cas, le mariage peut être autorisé à partirde 15 ans. En outre, le mariage religieux est désormais juridiquementreconnu.

Le nouveau code viole gravement les obligations internationales du Mali,consacrées par la Convention des Nations unies sur l'élimination de toutes lesformes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), ratifiée en 1985, et leProtocole à la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples relatifaux droits des femmes, ratifié en 2005.

Nos organisations**, n'ont cessé d'appeler à l'adoption d'un Codegarantissant les droits des femmes. Nous n'avons cessé d'alerter desconséquences néfastes d'une révision à la baisse de ce texte. Alors que lesrevendications du Haut Conseil islamique ont été prises en compte, nousdéplorons que celles des acteurs et des actrices de la société civile malienneaient été ignorées.

Avec l'adoption de ce texte, le Mali a raté une occasion de progresser versle respect des droits des femmes. Nos organisations continueront à se battrepour faire évoluer ce texte.


** Cette campagne, réunissant plus de 100 organisations dans 40 pays africains,a été initiée par la FIDH en collaboration avec 4 organisationsrégionales?: Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa(WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Womenin Law and Development in Africa (WILDAF).


*** Voir, par exemple, les communiqués de la campagne ??L'Afrique pour lesdroits des femmes?: ratifier et respecter?? :

Friday6 May 2011

Intervention sur les droits des femmes - 49ème Session Ordinaire de la CADHP - Banjul, Gambie, avril-mai 2011

Intervention de M. Mabassa Fall - Représentant permanent de la FIDH auprèsde l'Union africaine

Madame la Présidente, Mesdames et messieurs les Commissaires,

En cette année 2011, où de nombreux scrutins électoraux doivent êtreorganisés sur le continent africain, les organisations de la campagne"l’Afrique pour les droits des femmes?: ratifier etrespecter!", menée aujourd'hui par une centaine d'organisationsprésentes sur tout le continent, lancent un appel à la Commission africaine desdroits de l'Homme et des peuples pour qu'elle fasse avancer l'égalité desdroits entre les hommes et les femmes en matière de participationpolitique.

Lors de l'adoption par l'Union africaine de la Déclaration solennelle surl’égalité entre les hommes et les femmes en Afrique, à Addis Abeba en 2004, lesEtats ont réaffirmé ??leur engagement à poursuivre, à intensifier et àaccélérer leurs efforts pour promouvoir l’égalité entre les hommes et lesfemmes à tous les niveaux.?? La Déclaration appelle ainsi les Etats à??promouvoir et étendre le principe de la parité entre les hommes et lesfemmes aux communautés économiques régionales, et aux niveaux national etlocal, en collaboration avec les partis politiques et les parlements nationauxdans nos pays?? . De même, le Protocole à la Charte africaine relatif auxdroits des femmes en Afrique, aujourd'hui ratifié par la majorité des Etats ducontinent, oblige les Etats parties à prendre ??des actions positivesspécifiques pour promouvoir la participation paritaire des femmes dans la viepolitique de leurs pays ?.

Certains ?tats africains ont d'ores et déjà pris des initiatives pour seconformer à ces engagements. ? l'échelle internationale, seul le Rwanda peut seprévaloir d'une représentation paritaire hommes-femmes au sein de sonparlement. L'Afrique du sud, l'Angola, le Mozambique, et la Tanzanie s'yrapprochent, avec une représentation de femmes aux parlements au dessus dutiers. En outre, des avancées ont été enregistrées depuis le lancement de notrecampagne, notamment au Sénégal, où, en mai 2010, l’Assemblée nationale a adoptéune loi sur la parité homme-femme dans les fonctions électives. Ainsi, lors desprochaines élections nationales et locales au Sénégal, femmes et hommes devrontêtre représentés à part égale sur les listes de candidatures, faute de quoi ceslistes pourront être invalidées. Cette décision a été obtenue gr?ce à untravail de longue haleine des organisations de la société civile sénégalaise.Nous les en félicitons.

En Tunisie, la Haute instance chargée de préparer l’élection de l’Assembléeconstituante le 24 juillet prochain a voté à une très large majorité en faveurde la parité sur les listes électorales. Ce vote prévoit en effet que toutesles listes doivent impérativement être paritaires et faire figurer enalternance des candidats hommes et femmes sous peine d'être déclaréesinvalides. Ainsi, les femmes tunisiennes, qui ont pleinement participé à larévolution, participeront sur le même pied d’égalité à forger l’avenirpolitique de la Tunisie. Nous en sommes fiers.

Madame la Présidente, si ces pays sont aujourd’hui à l’avant garde au niveauinternational en ce qui concerne la participation des femmes à la viepolitique, force est de constater que sur l'ensemble du continent lareprésentation des femmes dans les structures de prise de décisions politiques,demeure terriblement faible. Les parlements restent en effet fortement dominéspar les hommes et la moyenne continentale, qui s'élève à 19.2%, reste encore endessous de la moyenne mondiale pourtant elle-même très basse. Nous sommes bienloin de la parité.

Madame la Présidente, alors que près de 20 scrutins doivent être organiséscette année en Afrique, la campagne ??L'Afrique pour les droits desfemmes?? lance un appel à tous les ?tats membres de l'Union africaine pourqu'ils adoptent des lois sur la parité hommes-femmes au sein des instancespolitiques, ainsi que des mesures affirmatives pour favoriser la pleineparticipation politique des femmes à tous les niveaux, conformément auxdispositions de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de lagouvernance et des autres instruments régionaux et internationauxpertinents.

Notre Campagne appelle à la mise en place de mesures concrètes, y comprislégislatives, afin de garantir, conformément au Protocole de Maputo?: ? Laparticipation des femmes à toutes les élections sans aucunediscrimination?; ? La représentation des femmes en parité avec les hommeset à tous les niveaux, dans les processus électoraux?; et ? Unereprésentation et une participation accrues, significatives et efficaces desfemmes à tous les niveaux de la prise des décisions.

Il faut le souligner Madame la Présidente, il n'y a pas de démocratie sanségalité. Il n'y a pas de démocratie sans la participation pleine et entière dela moitié de la population. La Campagne continuera à porter l'ensemble desrecommandations identifiées dans son Cahier d'exigences auprès des autoritéscompétentes aux niveaux national, régional et international, en les appelant àdémontrer la volonté politique nécessaire pour assurer le respect des droitsdes femmes

Wednesday 13 April 2011

Parité sur les listes électorales : la Tunisie montre l'exemple

Paris, Tunis, le 13 avril 2011 - La FIDH se félicite de ladécision consacrant la parité sur les listes électorales prise le 11 avril 2011par la Haute Instance chargée de préparer l'élection de l'Assembléeconstituante tunisienne le 24 juillet prochain. Ce vote, qui a fait l'objetd'une très large majorité, prévoit que toutes les listes doivent impérativementêtre paritaires et faire figurer en alternance des candidats hommes et femmes.Cette décision prévoit l'invalidation de la liste si la parité n'est pasrespectée. La Tunisie est aujourd'hui à l'avant garde en ce qui concerne laparticipation des femmes à la vie politique.

??Nous avons remporté une grande victoire. C'est une grande premièredans le monde arabe et même ailleurs. Les femmes ont participé à la révolution,sur le même pied d'égalité, elles participeront désormais à forger l'avenirpolitique de la Tunisie ?, a déclaré Sophie Bessis, Secrétaire généraleadjointe de la FIDH.

La FIDH, poursuit, aux c?tés de ses organisations membres en Tunisie lecombat pour l'égalité en droit et en fait. ??Il s'agit assurément d'uneétape décisive. Nous devons maintenant travailler à la participation de toutesles femmes aux élections du 24 juillet. Tout doit être fait pour que lanouvelle constitution tunisienne consacre l'égalité et la non-discriminationentre hommes et femmes ?, a ajouté Khadija Chérif, Secrétaire générale de laFIDH.

??La Tunisie a démontré hier par ce vote qu'il n'y a pas de démocratiesans égalité. Il s'agit maintenant d'aller jusqu'au bout et de lever l'ensembledes réserves émises à la Convention de l'ONU pour l'élimination de toutes lesformes de discrimination à l'égard des femmes ?, a conclu Souhayr Belhassen,Présidente de la FIDH.

Interview de Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de laFIDH

Wednesday9 March 2011

Revolutions in the Arab World : what is at stake for women's rights?

VERSION FRANCAISE

"No democracy without equality" was the slogan of womenparticipating in the Tunisian revolution. In the Tunisian and Egyptianuprisings, women participated massively in demonstrations, on blogs and socialnetworks. Women are also demonstrating in Bahrain, Yemen and Jordan and areactive in women's rights organisations across the region.

"We must now be vigilant in order to ensure that women participate fully inthe new political landscapes", underlined Souhayr Belhassen, FIDH President."We are deeply concerned that there is not a single woman on the new EgyptianConstitutional Committee. This is unacceptable".

What are women calling for? Do the transitions underway present newopportunities for women's rights? Will their voices be heard? Will legislationin these countries finally advance towards full equality between the sexes?Will the reservations these states have entered to the Convention on theelimination of discrimination against women finally be withdrawn ?

FIDH seeks to shed light on these questions in the dossier published todayon the FIDH website, developed in partnership with ?galité (www.egalite-infos.fr).

While women participated massively in the struggle for de-colonisation inthe region, for example in Algeria, they were largely forgotten followingindependence. They must not be forgotten in the aftermath of the currentuprisings. Throughout the Arab world, the fight for equality led by women'srights organisations is more important than ever. There are uniqueopportunities to be seized to advance respect for their rights in theregion.

FIDH relays the voices of those who have fought for years for women's rightsin Tunisia, Egypt, Bahrain, Yemen, Jordan, Algeria and Morocco.

Articles will be published throughout the month of March on the FIDHwebsite, to ensure that the rights of those representing half the population ofthe Arab world are not forgotten. And because, as Sophie Bessis, FIDH DeputySecretary General, says : " A democracy without equality of the sexes will be atruncated democracy."

Perspectives from Bahrain

Interview with Amal Basha, Chairperson of the Sisters' Arab Forumfor Human Rights (SAF), Yemen

Interview with Leila Hammarneh, Projects Director, Arab WomenOrganization, Jordan

Révolutions arabes : quels enjeux pour les femmes ?

ENGLISH VERSION

??Pas de démocratie sans égalité?? : C'est le slogan lancépar les Tunisiennes pendant les manifestations. La démocratie avec une pleineégalité entre les femmes et les hommes constitue un enjeu fondamental pour lesfemmes dans les transitions en cours dans le monde arabe. Lors des soulèvementsen Tunisie et en ?gypte, elles étaient présentes dans les manifestations, surles blogs et dans les réseaux sociaux?; des femmes manifestent égalementau Bahre?n, au Yémen, en Jordanie... Elles sont partout actives dans lesassociations de défense des droits des femmes.

??Il faut aujourd'hui être vigilant afin d'assurer la pleineparticipation des femmes dans les nouveaux paysages politiques ?, a soulignéSouhayr Belhassen, présidente de la FIDH. ?Nous sommes très préoccupés par lefait qu'il n'y ait aucune femme dans le nouveau Comité constitutionnel créé en?gypte, après la chute de Moubarak?.

Que revendiquent les femmes?? Ces révolutions sont-elles une chancepour elles?? Seront-elles entendues?? Les législations pourront-ellesenfin avancer dans le sens d'une égalité pleine et entière?? Les réservesà la Convention sur l'élimination des discriminations à l'égard des femmes,seront-elles enfin levées??

Autant de questions sur lesquelles la FIDH souhaite faire la lumière dans ledossier aujourd'hui, réalisé en collaboration avec Egalité (www.egalite-infos.fr).

Alors que les femmes avaient participé massivement aux luttes pour ladécolonisation, par exemple en Algérie, elles ont été largement oubliées lorsdes indépendances. Il ne faut pas qu'elles le soient après les soulèvementsactuels?! Partout dans le monde arabe, le combat des associations dedéfense des droits des femmes pour l'égalité est plus important quejamais?: il y a là une opportunité unique à saisir pour faire avancer dansla région le respect de leurs droits. La FIDH donne la parole à desassociations qui luttent depuis longtemps pour les droits des femmes enTunisie, en ?gypte, en Algérie, au Maroc, à Bahre?n, au Yémen, en Jordanie...Des articles seront publiés tout au long du mois de mars sur le site de la FIDHpour que ne soient pas oubliés les droits de la moitié de la population despays arabes. Et parce que comme le dit Sophie Bessis, Secrétaire généraleadjointe de la FIDH?: ??Une démocratie sans égalité des sexes seraitune démocratie tronquée ?.

Interview de Leila Hammarneh, Directrice de projets, Arab WomenOrganisation

Interview avec une militante des droits humains à Bahre?n?: ??Jecrains une guerre civile ici, à Bahre?n ?

Tunisia: Interview with Souhayr Belhassen, FIDH President: "We must ensure that there are women in all the new political bodies"

VERSION FRANCAISE

How did Tunisian women participate in the revolution ?

Throughout the month of protests in Tunisia we saw a huge presence of womenfrom all walks of life. It was not only those who had lost children, husbands,or other relatives killed during the uprising. We have seen that the torch ofcalls for democracy and equality has been passed down from our generation tothe next. This is just as reassuring as it is moving. This generation hastremendous energy and creativity. They have shown it in the streets, as theyhave through social networks and blogs.

We must also recognize the role that women have played for many years inresistance to the dictatorship and repression. It is evident that women willplay a full role in the construction of a democratic Tunisia.

It is also the “Tunisian exception” that brought about this revolution:Tunisia had the first constitution in the Arab world in the 19th century, thefirst trade union, the first Arab and African human rights organization and aPersonal Status Code which, unfortunately, remains unique in the Arab world,which abolished repudiation and polygamy, access to the contraceptive pill andabortion, as well as to education.

With the recognition of Islamist political parties, is there a riskyou think the Personal Status Code risks being challenged?

No, the rights protected by the Personal Status Code of 1956 areestablished. There is no going back. Now, we need to go beyond this and achievefull legal equality.

Women are fighting to preserve a modern society in Tunisia. We want thePersonal Status Code to continue to evolve towards equality and freedom forboth sexes. We want women to have equal rights to inheritance. Today, as in thesphere of education, women want equal participation in political life. This iswhy women are on centre stage. They know that the future of Tunisia depends ontheir struggle.

How can women’s rights be strengthened in Tunisiatoday?

First and foremost, we want to ensure that the new Tunisian democracy, whichwe hope to see emerge from this uprising, guarantees the full rights of womenand gender equality. We must remain vigilent. We must remember that protectinghuman rights and democracy means protecting of the rights of women. We mustrecall the principle that there can be no genuine democracy without genderequality.

We must ensure that there are women in all the new political bodies. We mustcall for parity and, at the very least, quotas of women among those elected.Political parties calling themselves democratic will not be able to do lessthan the former RCD, the party of the ex-President, Ben Ali), which hadestablished quotas of 30% on electoral lists.

We must also call for the reform of laws that remain discriminatory,starting with the provisions on inheritance.

We must support the work and struggle of women’s associations, like theAssociation tunisienne des femmes démocrates (ATFD), the Association des femmestunisiennes pour la recherche et le développement (AFTURD) and the CollectifMaghreb Egalité 1995, partners of FIDH, who resisted during the dictatorship,and have always associated the three words: democracy, freedom and equality.These women’s movements are extremely active in the creation of a democraticTunisia.

Currently they are putting together a dossier of claims that would ensuregender equality and the protection of women’s rights in a democraticTunisia.

Are there risks that women will be excluded from the transitions inTunisia and Egypt ?

It is a real fear. There are already some worrying signs that women arebeing pushed aside in the political transitions. It is deeply concerning thatwomen that there is not a single woman on the new Egyptian ConstitutionalCommittee. This is unacceptable.

We must remember history. In Algeria, for example, in the 1950s womenparticipated in the struggle for independence. However, after independence theywere largely excluded from political and public life. Today the Algerian FamilyCode still discriminates against women, polygamy still exists, men areconsidered “head of the family” etc.. Women have been forgotten in the “postrevolution.”

Political transition first... women’s rights later. We should remember thatnothing is guaranteed, in order to ensure that women are not excluded fromreconstruction, since women’s rights are never considered a political“priority.” We should not forget that if women have protested and havesacrificed themselves in the name of these revolutions, they will not allowtheir rights to be forgotten and ignored during the transition.

FIDH will continue to work alongside its member organisations and partnersin Tunisia, Egypt and throughout the region so that memory of women’sparticipation in the revoulations and uprisings is preserved and so that womencan obtain equal rights.

Interview with Amal Abdel Hadi, New Woman Foundation, Egypt: "Previous claims that women's voices should not be heard, all of this has been smashed during the revolution"

VERSION FRANCAISE

In what ways were women involved in the protests inEgypt?

Women were involved in every aspect of this revolution: in confrontations onthe front line, in confrontations with the security forces, organising, writingslogans, shouting, sleeping in Tahrir Square during the sit-ins... Some womenwere there throughout the 18 days of the protests.

Women are also among the martyrs of this movement. Women were killed by thesecurity forces. Some women were also arrested and detained.

The majority of the women involved were young women, but there were women ofall ages and all walks of life. For example housewives who had never beeninvolved in this type of action before, came to protest with their children,activists from all the political movements, from the Muslim brotherhood tocommunists, participated in the demonstrations.

Members of our organisation were active in the protests, as individuals, wedidn’t go to the demonstrations as the “New Woman Foundation”. But when wespoke with people, they knew we were from NWF. I was in Tahrir Square every dayand I slept in the square for several nights.

Women and men were comrades in the protests. This was an incredible,incredible time in Egypt. Millions of people were gathered in the same place.And women were not afraid. We witnessed no instances of sexual harassment forexample. There was a sense of complete respect, complete support, and completesolidarity towards the women. Women, particularly the younger ones, slept fordays in the square.

Were there any chants or demands specifically relating to women’srights during the protests?

No, there was nothing specific to any group, there were only the demands ofthe revolution. Everybody was supporting the same cause: an end to the regime,the overthrow of Mubarak and the establishment of a civil government. This isimportant. When someone shouted a slogan which was too political or tooreligious for example, everyone would chant “one hand, one hand”, and peoplereturned to chanting the general slogans on which everyone agreed.

Was there media coverage of women’s participation in theprotests?

The media showed women, but they interviewed men more often than women. Themajority of those who were invited on talk shows were men.

How are women participating in the politicaltransition?

Women are being ignored! For example, the Constitutional Committee, whichwas created to revise some of the articles of the Constitution, doesn’t have asingle woman member.

But we are mobilising. Several groups issued a statement denouncing theabsence of women on the Committee. A Coalition of 12-14 feminist organisationshas been formed, which has stressed that women must be represented in everyaspect of the process and in all the decision making bodies that are beingestablished.

There has been a call on Facebook for a demonstration of a million women andmen on 8 March (International Women’s Day). Some other, newer associations ofwomen have the feeling that they are being left out of the process. We areworking with them and I hope that they will use this event as an opportunity tohave their voices heard.

What are your main demands for the transitiongovernment?

A new government! A democratic government, that has integrity andindependence, not the current transition government which is a “patchworkgovernment”. We are calling for a civil presidential council to be establishedimmediately, which should form a civil government and a constitutionalcommittee, responsible for drafting a new constitution. We need a newconstitution!

The constitutional committee should be composed of people from a wide rangeof backgrounds. Women and young people must be represented on the committee.Women and young people were the driving force behind this revolution.

We are calling for equal and fair representation of women and young peoplein all representative bodies, from the local committees and councils to thenational parliament.

We are calling for freedom of expression, starting with the freedom to formpolitical parties, independent syndicates, unions, NGOs, and civil societyorganisations.

We are calling for those involved in the repression of demonstrations andthe killings to be tried. We want those responsible for terrorizing ourcitizens, for opening the prisons, and for all the crimes conducted during thefirst 18 days of the revolution to be tried. We want a transparent trial forall those involved in corruption in Egypt. We want all the symbols of theregime, not just Mubarak or his assistants, but all of those who have beeninvolved in the corruption to be tried.

We are calling for the freezing of the assets of Mubarak and all othersymbols of the regime. We are pushing the government to take action in thisrespect.

We are calling for the liberation of all protesters who have beenarbitrarily arrested. Arrests by the military police are still taking placetoday and that needs to end.

We are calling for all those responsible for cutting off the internet,telephone and media communications to stand trial. We call for those, inparticular in Egyptian television, who tried to distort and conceal informationfrom the Egyptian people, to be held to account.

The military council (currently running the country) is calling forparliamentary and presidential elections and for the Constitution to be amendedwithin 6 months. This is a real problem because we fear that those responsiblefor organising elections and reforming the constitution will be from the mainexisting parties: the National Democratic Party, which is the party of theprevious regime, and the Muslim Brotherhood. We don’t want this. We want longterm change.

We want a deeper reflection on the new Constitution and what we want for anew Egypt, and this will take a while. It is not to be rushed. Under thecurrent laws, we cannot even form new political parties. We don’t want a newgovernment that is an extension of the previous regime!

Are there groups other than women’s associations supporting demandsfor the protection of women’s rights ?

Actually, no other groups raise the issues of women’s rights on their own,but when we discuss them they agree with us. When we met, for example, with themilitary council, no one raised these demands, but no one actually raised anydemands relating to any particular political group. Until now, everything hasbeen focused on the transition, because we feel that nothing is moving.

Could you tell us what you think these recent developments will meanfor women’s rights? What are your hopes and fears in this regard?

My hopes are that if we really work, if we can really use this opportunity,the situation of women in Egypt will generally get a better. I think there arepossibilities, real possibilities, that we can achieve a modern civilgovernment and a parliamentary democracy.

If we move towards this and we move towards greater respect for freedom ofassociation, including for professional and workers unions and NGOs, then thisshould allow women to participate more effectively in all areas of public lifeand will provide them with the opportunity to give their perspectives onhealth, the economy, the environment, working conditions, etc. We feel thischange of atmosphere will provide us with better forums for advocating our forour rights.

Previous claims that women’s voices should not be heard, all of this hasbeen smashed during the revolution, smashed! Because women were there, withtheir beautiful voices, shouting against the regime. Women were there, sleepingon the ground in the streets, and this was appreciated by everyone.

But I think the desire to speed the process along and to rush things may beto the detriment of women. There is a risk we could end up with politicalparties or parliamentarians who are not really concerned about women and whomight even be against women’s rights. That is why we are calling for theprocess to take time.

Finally, could you give us your perspective on the ongoing events inthe rest of the region and their potential implications for women’srights?

The Tunisians did a marvelous thing in starting this movement and Egyptianshad in important impact in proving that it can happen. Most Arab countries arevery autocratic and very oppressive. I think that this is a real beginning of aprocess of deconstruction and of rebuilding, particularly with the youth usingthe internet. It’s incredible, it is incredible! It is an era of change.

Nothing is going to go back... It is a marvelous feeling, that you areactually witnessing the making of history. And I am glad that I lived toexperience that feeling.

And the young people are really determined, they are really mature! They areresisting their own “iconisation”, and they are trying to act, they may lacksome experience but they will learn! They are fast learners and I am glad thatthey have learned actually out of the usual circles, outside of politicalparties. They have their creativity and their resilience and that is veryimportant. I think that young people are generally more in favour of realdemocracy, more willing to change and have greater respect for women.

Interview de Amal Abdel Hadi, New Woman Foundation, Egypte : ? Les discours qui prétendaient que la voix des femmes ne méritait pas d'être entendue ont été brisés pendant cette révolution ! ?

ENGLISH VERSION

De quelle manière les femmes étaient-elles impliquées dans lesmanifestations en ?gypte ?

Les femmes étaient impliquées dans tous les aspects de cetterévolution?: dans les confrontations en première ligne, dans lesconfrontations avec les forces de sécurité, la mobilisation, l'écriture desslogans, les cris, elles dormaient dans les tentes sur la Place Tahrir pendantles sit-ins... Certaines femmes sont restées tout au long des 18 jours desmanifestations.

Des femmes figurent aussi parmi les martyrs de ce mouvement. Des femmes ontété tuées par les forces de l'ordre. D'autres ont aussi été arrêtées etdétenues.

La majorité des femmes qui ont participé à ce mouvement étaient jeunes, maisil y avait aussi des femmes de tous ?ges et de tous milieux. Par exemple, desfemmes au foyer qui n'avaient jamais participé à ce genre d'action auparavantsont venues manifester avec leurs enfants, des militants de tous les partispolitiques, des Frères musulmans aux communistes participaient auxmanifestations.

Des membres de notre organisation ont également participé à cesmanifestations à titre individuel, mais nous n'y sommes pas allés au nom de la??New Woman Foundation ?. Mais les gens savaient que nous faisions partiede la NWF. J'étais moi-même sur la Place Tahrir tous les jours et j'y ai passéplusieurs nuits.

Les femmes et les hommes étaient sur pied d'égalité lors des manifestations.C'était une période incroyable en ?gypte, incroyable. Des millions de personnesétaient rassemblées au même endroit. Et les femmes n'avaient pas peur. Nousn'avons été témoins d'aucun acte de harcèlement sexuel par exemple. Il régnaitun sentiment de respect total, de soutien total, et de solidarité totale enversles femmes. Les femmes, en particulier les plus jeunes, ont dormi pendant desjours sur la place.

Y-avait-il des slogans ou des demandes spécifiques concernant desdroits des femmes durant les manifestations ?

Non, il n'y avait rien de spécifique , il n'y avait que des revendicationsde la révolution. Tout le monde était rassemblé autour de la même cause?:la fin du régime, le renversement de Moubarak et la mise en place d'ungouvernement civil. Ceci est important. Si quelqu'un lan?ait un slogan àconnotation trop politique ou trop religieuse, par exemple, tout le monde semettait à chanter ??une main, une main ?, et tous se remettaient à scanderdes slogans sur lesquels nous étions tous d'accord.

Parle-t-on des femmes et de leur implication dans les luttes, deleurs revendications spécifiques dans les médias ?

Les médias montraient des femmes présentes dans les manifestations, maisinterviewaient plus souvent des hommes que des femmes. La plupart des personnesinvitées aux débats télévisés étaient des hommes.

Comment les femmes sont-elles impliquées dans la transitionpolitique ?

Les femmes sont ignorées?! Par exemple, la Commission Constitutionnellecréé pour réviser certains articles de la Constitution, ne compte aucune femmeparmi ses membres.

Mais nous sommes mobilisées. Plusieurs associations ont publié un communiquédénon?ant l'absence de femmes dans cette Commission. Une Coalition d'unedizaine d'organisations de défense des droits des femmes a été constituée. Ellesouligne que les femmes doivent être représentées dans tous les aspects duprocessus et dans tous les instances qui sont actuellement mises enplace.

Un appel a été lancé sur Facebook pour une manifestation d'un million defemmes et d'hommes le 8 mars Journée Internationale de la Femme.

Quelles sont vos principales revendications pour ce gouvernement detransition ?

Un nouveau gouvernement?! Un gouvernement démocratique, indépendant etvraiment intègre.Pas le gouvernement actuel, ce gouvernement ??patchwork?. Nous demandons l'établissement immédiat d'un comité présidentiel civil. Cecomité doit former un gouvernement civil et un comité constitutionnel qui aurala responsabilité d'écrire une nouvelle constitution. Nous avons besoin d'unenouvelle constitution !

Le comité constitutionnel doit être composé de personnes de milieux variés.Les femmes et les jeunes doivent y être représentés.ils ont été la force decette révolution.

Nous demandons une représentation égale et équitable des femmes et desjeunes dans tous les instances représentatives, des comités et conseils locauxau parlement national.

Nous revendiquons la liberté d'expression, en commen?ant par la liberté decréer des partis politiques, des syndicats indépendants, des ONG et desorganisations de la société civile.

Nous exigeons que tous ceux qui ont été impliqués dans la répression et lemassacre des manifestants soient jugés. Nous voulons que les responsables detous les crimes commis pendant les 18 premiers jours de la révolution soientjugés. Nous voulons un procès transparent pour tous ceux qui ont été impliquésdans la corruption en ?gypte. Nous voulons que tous les symboles du régime, -et il ne s'agitpas uniquement de Moubarak ou de ses proches -, et tous ceux quiont étés impliqués dans la corruption soient jugés.

Nous demandons que tous les avoirs de Moubarak et de tous les autressymboles du régime soient gelés. Nous insistons auprès du gouvernement qu'ilsagissent à cet égard.

Nous demandons la libération de tous les manifestants qui ont été arrêtésarbitrairement. La police militaire doit cesser les arrestations qui onttoujours cours aujourd'hui.

Nous demandons que tous ceux qui se sont rendus responsables d'avoir coupéles communications internet, téléphoniques et médiatiques soient jugés. Nousdemandons, en particulier, que la télévision egyptienne qui a tenté de déformeret de dissimuler des informations auprès du peuple ?gyptien, soit tenueresponsable.

Le conseil militaire (actuellement à la tête du pays) demandent que desélections présidentielles et parlementaires et qu'une modification de laconstitution aient lieu dans les 6 mois. C'est un vrai problème, nous craignonsen effet que dans ce cas de figure, ceux qui organiseront les élections etréformeront la constitution, soit issus des partis existants : le Partidémocratique national et les Frères Musulmans. Ce n'est pas ce que noussouhaitons. Nous voulons des changements à long terme.

Nous voulons une réflexion en profondeur sur la nouvelle constitution et surce que nous voulons pour une ?gypte nouvelle, et ceci va prendre du temps. Cen'est pas une étape qu'il faut précipiter. La législation actuelle ne permetmême pas de former de nouveaux partis politiques. Nous ne voulons d'ungouvernement qui soit le prolongement du précédent régime.

Y-a- t-il des organisations autres que des associations de femmes,qui soutiennent vos revendications pour la protection des droits des femmes?

En fait, aucune autre organisation ne travaille sur cette problématique,mais lorsque nous leur parlons de nos revendications elles sont d'accord avecnous. Lorsque nous avons rencontrés, avec d'autres ONG, le Conseil militaire,personne n'a soulevé de revendications concernant les droits des femmes. Pourl'instant nous sommes tous très concentrés sur la transition, car nous avonsl'impression que les choses stagnent.

Que représentent, selon vous, les développements récents pour lesdroits des femmes.?? Quels sont vos espoirs et vos craintes?

J'espère que si nous travaillons vraiment, nous pourrons saisir cetteopportunité pour que la situation des femmes en ?gypte s'améliore de manièregénérale. Je pense que nous pourrons vraiment obtenir un gouvernement civil etune démocratie parlementaire.

Si nous nous dirigeons ainsi vers un plus grand respect de la libertéd'association, y compris pour les syndicats professionnels et ouvriers et lesONG, alors les femmes devraient pouvoir participer plus efficacement à tous lesdomaines de la vie publique. Celaleur donnera l'opportunité de partager leursperspectives en termes de santé, d'économie, d'environnement, de conditions detravail...etc. Nous avons le sentiment que cette nouvelle atmosphère nousouvrira des nouvelles opportunités pour revendiquer nos droits.

Les discours qui auparavant prétendaient que la voix des femmes ne méritaitpas d'être entendue ont été brisés pendant cette révolution, brisés?!Parce que les femmes étaient là, avec leurs voix magnifiques, hurlant contre lerégime. Les femmes étaient là, elle dormaient par terre dans la rue, et ceciétait accepté de tous.

Néanmoins, je pense que le désir d'accélérer le processus et de précipiterles choses risque de nuire aux femmes. Un risque demeure en effet, de nousretrouver avec des partis politiques ou des parlementaires qui ne sont pasconcernés par les droits des femmesou pire, qui s'y opposent. C'est pour celaque nous avons besoin de temps.

Enfin, pourriez-vous nous donner votre point de vue sur lesévènements en cours dans le reste du monde Arabe et leurs conséquencespossibles sur les droits des femmes ?

Les Tunisiens ont fait une chose merveilleuse en commen?ant ce mouvement etles ?gyptiens ont eu un impact important en prouvant que c'était possible. Laplupart des pays Arabes ont des gouvernements autocratiques et oppressifs. Jepense que ceci est le vrai commencement d'un processus de dé-construction et dereconstruction, particulièrement avec l'utilisation d'internet par les jeunes.C'est incroyable.C'est une époque de grands changements.

Rien ne sera jamais comme avant... C'est un sentiment merveilleux, celuid'être témoin de l'histoire. Je suis heureuse d'avoir pu vivre cetteexpérience.

Et les jeunes sont déterminés, ils sont vraiment matures?! Ils essaientd'agir. Ils manquent peut être d'un peu expérience mais ils apprendrons?!Ils apprennent vite et je suis heureuse qu'ils aient pu apprendre en dehors descercles habituels, en dehors des partis politiques. Ils ont leur créativité,c'est très important. Je pense que les jeunes de manière générale veulent ladémocratie, qu'ils sont plus ouverts aux changements et qu'ils ont un plusgrand respect envers les femmes.

Interview de Sophie Bessis, secrétaire générale adjointe de la FIDH : ? Les Tunisiennes se battent pour participer pleinement au processus de transition ?

ENGLISH VERSION

La Tunisie a été le premier pays à se soulever. Comment les femmesont-elles participé au soulèvement ?
Quel rayonnement peuvent-elles avoir dans le monde arabe ?

Les mouvements de femmes sont extrêmement actifs dans cette Tunisie enconstruction. Elles étaient dans la rue, elle manifestaient. Pendant toutel'époque de la dictature, les associations étaient remplies de femmes. Lesgrandes figures de la société civile tunisienne sont des figures fémininesaujourd'hui. Parmi les figures les plus respectées de la société civiletunisienne aujourd'hui sont des femmes, c'est pour vous dire le r?le qu'ellesont pris dans la résistance à la dictature, dans la résistance à la répression,et il est évident que ces femmes ne se laisseront pas dépouiller de leur r?ledans la construction de la démocratie tunisienne, qui, si elle n'est pas unedémocratie égalitaire, ne sera pas une démocratie du tout.

Partout dans le monde arabe, les femmes bougent. Il existe depuis quatre ansune grande campagne qui travaille sur la levée des réserves par les Etatsarabes à la convention Cedaw, qui s'appelle la Coalition Egalité sans réserves.La coalition est constituée de plusieurs dizaines d'associations de femmes dumonde arabe, du Maroc à l'Arabie Saoudite, qui se battent pour leurs droits.Alors, évidemment, parce que les femmes tunisiennes jouissent de droits plusétendus que les autres femmes du monde arabe, parce que le Code du statutpersonnel de 1956 et les lois qui l'ont suivi sont des lois, non paségalitaires mais beaucoup moins inégalitaires que dans le reste du monde arabe,il est évident que les femmes tunisiennes peuvent servir de modèle àl'émancipation des femmes ailleurs dans le monde arabe. Cela dit, ce n'est pasparce qu'elles peuvent servir de modèle qu'elles ne doivent pas continuerelles-mêmes leur lutte. Car leur lutte n'est pas terminée puisque l'égalitétotale n'est pas acquise.

Quelles sont les revendications actuelles des associations de femmesen Tunisie ?

D'abord, avant tout, faire en sorte que la nouvelle démocratie tunisienne,les nouvelles institutions de cette démocratie garantissent l'intégralité desdroits des femmes et l'égalité des sexes. Nous partons du principe qu'unedémocratie qui ne garantirait pas l'égalité, serait dès le départ unedémocratie tronquée.

Les revendications sont parfaitement claires du c?té des associations defemmes en Tunisie, en particulier l'Association tunisienne des femmesdémocrates (ATFD), l'Association des femmes tunisiennes pour la recherche et ledéveloppement et le Collectif Maghreb Egalité 1995. Ces associations ontrésisté à l'époque de la dictature et parce qu'elles ne soutenaient pas ladictature étaient considérés comme faisant partie de l'opposition. Aujourd'hui,nous voyons que leur lutte pendant toutes ces années n'a pas été inutile, parcequ'elles sont actuellement sur le devant de la scène. Elles sont en traind'élaborer un cahier de revendications qui permettrai d'assurer l'égalité dessexes et le maintien des droits des femmes dans la Tunisie démocratique, quel'on espère voir émerger de ce soulèvement et du mouvement actuel.

La FIDH a effectué une mission la semaine dernière justement pour appuyerles revendications des associations féminines et pour appuyer le plaidoyerqu'elles sont en train de faire, au niveau des commissions et au niveau despartis politiques. Pour s'assurer d'abord qu'il y ait des femmes sur leurslistes électorales, dans leurs listes de candidats.

Avec les associations de femmes nous demandons la parité, sachant quemalheureusement nous n'y parviendrons pas du premier coup. Mais il y auraprobablement dans un premier temps des quotas. Le code électoral, qui est enpréparation, qui n'est pas encore adopté, prévoit un quota d'environ 30% defemmes. Je pense que le quota sera de 30% sur les listes électorales et ce quiserait souhaitable, évidemment, c'est qu'il y ait également un quota de femmesdans les instances élues. Les partis qui se disent démocratiques, ne sauraientfaire moins bien que l'ancien RCD, l'ancien parti hégémonique au pouvoir quiavait instauré des quotas dans ses rangs de 30% de femmes.

Quel futur pour les droits des femmes en Tunisie?

Personne n'osera dire aujourd'hui qu'il est contre les droits des femmes,c'est déjà quelque chose. Mais évidemment tous les partis ne sont pas sur lamême longueur d'ondes concernant notamment l'égalité juridique totale. Lesassociations de femmes demandent, entre autres, que l'égalité devant l'héritagesoit proclamée dans les nouvelles lois, et certains partis se sont prononcéscontre.

Evidemment il faudra qu'elles se battent comme toujours. Les femmes doiventtoujours se battre, mais aujourd'hui la révolution tunisienne s'est faite avecles femmes, la construction de la démocratie tunisienne se fera avec elles.Maintenant évidemment elles doivent se battre, parce que ces sociétés demeurentmalgré tout patriarcales, la loi est inégalitaire, et les pratiques le sontaussi, comme dans toutes les autres sociétés du monde, il faut bien le dire. Ehbien comme toujours les femmes doivent se battre doublement, triplement pouravoir leur place. Mais il est évident qu'elles se battent aujourd'hui pourparticiper pleinement au processus de transition.

International Women's Day 2011 : Ratify and respect !

VERSION FRANCAISE

8 March 2011 – On the occasion of the 100th International Women'sDay, the Coalition of the campaign "Africa for women's rights : ratify andrespect !" calls on States to ratifiy the Protocol to the African Charter onthe Rights of Women in Africa.

Adopted in 2003 in Maputo, Mozambique, the Protocol entered into force in2005 and has now been ratified by the majority of African states which havethereby committed themselves to “ensur(ing) that the rights of women arepromoted, realised and protected”. While we welcome the ratifications in 2010by Uganda and Kenya, we deplore the fact that 24 States have so far failed toratify this instrument (1).

This Protocol, like the United Nations Convention on the Elimination of allforms of Discrimination Against Women (CEDAW Convention) which has beenratified by almost all African States, provides a legal framework of referencefor ensuring respect for women's human rights: elimination of discriminationand harmful practices; right to life and to physical integrity; equality in thedomain of the family and civil rights; access to justice; right to participatein the political process; protection in armed conflicts; economic rights andsocial protection; right to health and food security, etc.

Initiated on 8 March 2009 by the International Federation for Human Rights(FIDH), in cooperation with five African regional organisations (2), theCampaign ? Africa for women's rights ? has the support of patrons including theNobel Peace Prize Laureates Archbishop Desmond Tutu and Shirin Ebadi, the NobelLiterature Prize Laureates Wole Soyinka and Nadine Gordimer, the artistsAngélique Kidjo, Tiken Jah Fakoly and Youssou N'Dour, as well as Ms. SoyataMaiga, Special Rapporteur of the African Commission on Human and Peoples'Rights on the Rights of Women in Africa.

All the organisations involved in the campaign, and the campaign's patrons,call on the Heads of state of the 24 states that have not yet done so, to seizethe occasion of the 100th International Women's Day to take steps towards theratification of the Protocol and affirm their commitments to respecting therights of women in their countries. We call on them in particular to implementthe recommendations expressed in the Campaign's Dossier of Claims.

Finally, we call on States that have already ratified the Protocol to ensureits effective implementation, including by abolishing remaining discriminatorylaws.

(1) Algeria, Botswana, Burundi, Cameroon, Central African Republic,Chad, Congo-Brazzaville, Cote d'Ivoire, Egypt, Equatorial Guinea, Eritrea,Ethiopia, Gabon, Guinea, Madagascar, Mauritius, Niger, Saharawi ArabicDemocratic Republic, Sao Tome et Principe, Sierra Leone, Somalia, Sudan,Swaziland, Tunisia

(2) Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa(WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Womenin Law and Development in Africa (WILDAF) et Women's aid Collective(WACOL)

Journée internationale des femmes 2011 : Ratifier et Respecter

ENGLISHVERSION

Le 8 mars 2011 - A l'occasion de la 100ème Journée internationaledes femmes, la Coalition de la campagne ??l'Afrique pour les droits desfemmes?: ratifier et respecter?? appelle les ?tats à ratifier leProtocole à la Charte africaine relatif aux droits de la femme enAfrique.

Le Protocole adopté en 2003 à Maputo au Mozambique et entré en vigueur en2005, a été ratifié par la majorité des ?tats africains qui se sont engagés à??éliminer toutes formes de discrimination à l'égard des femmes et (à)assurer la protection des droits de la femme ?. Si nous nous félicitons de ladécision de l'Ouganda et du Kenya de devenir, en 2010, parties au Protocole,nous déplorons qu'à ce jour 24 ?tats n'aient toujours pas ratifié cetinstrument (1).

Ce texte extrêmement important, à l'instar de la Convention des Nationsunies sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard desfemmes (Convention CEDAW) ratifiée par la quasi totalité des ?tats africains,offre un cadre juridique de référence pour assurer le respect des droitshumains des femmes?: élimination des discriminations et des pratiquesnéfastes?; droit à la vie et à l'intégrité physique?; égalité desdroits en matière civile et familiale?; accès à la justice?; droit departicipation au processus politique?; protection dans les conflitsarmés?; droits économiques et protection sociale?; droit à la santéet à la sécurité alimentaire, etc.

Lancée le 8 mars 2009 par la Fédération internationale des ligues des droitsde l'Homme (FIDH), en coopération avec cinq organisations régionales africaines(2), la campagne ??L'Afrique pour les droits des femmes?? estsoutenue par de nombreuses personnalités, telles les prix Nobel de la paix MgrDesmond Tutu et Shirin Ebadi, les prix Nobel de littérature, Wole Soyinka etNadine Gordimer, par les artistes Angélique Kidjo, Tiken Jah Fakoly et YoussouN'Dour ou encore par Mme Soyata Maiga, Rapporteure spéciale de la Commissionafricaine des droits de l'Homme et des peuples sur les droits des femmes enAfrique.

Toutes les organisations et personnalités signataires de la campagneappellent les gouvernements africains à saisir l'occasion de la 100ème Journéeinternationale des femmes pour ratifier le Protocole à la Charte africainerelatif aux droits de la femme en Afrique et affirmer leurs engagements enfaveur des droits des femmes dans leurs pays notamment en mettant en ?uvre lesrecommandations formulées dans le Cahier d'exigences de la campagne. Nous appelons par ailleurs les?tats d'ores et déjà parties à ce Protocole à respecter leurs engagements enprenant toutes les mesures permettant la mise en ?uvre effective de sesdispositions, en particulier en abrogeant les lois discriminatoires encore envigueur.

Notes

(1) Algérie, Botswana, Burundi, Cameroun, Congo-Brazzaville, C?ted'Ivoire, ?gypte, ?rythrée, ?thiopie, Gabon, Guinée, Guinée équatoriale,Madagascar, Maurice, Niger, République centrafricaine, Sao Tome et Principe,Sierra Leone, Somalie, Soudan, Swaziland, Tchad, Tunisie

(2) Femmes Africa Solidarités (FAS), Women in Law in South Africa(WLSA), African Center for Democracy and Human Rights Studies (ACDHRS), Womenin Law and Development in Africa (WILDAF) et Women's aid Collective(WACOL)

POLICE QUIZZ ZIMBABWE LAWYERS FOR HUMAN RIGHTS (ZLHR) EMPLOYEES, DISRUPT IWD COMMEMORATIONS

Police in Bulawayo on Tuesday 8 March 2011 quizzed two employees of ZimbabweLawyers for Human Rights (ZLHR) for organising commemorations to markInternational Women’s Day.

Police from Luveve Police Station in the high density suburb of Luveve firstquizzed Prisca Dube, the programmes assistant for ZLHR’s Matabeleland SatelliteOffice before summoning Lizwe Jamela, the senior projects lawyer to the policestation.

At the police station, the police quizzed the two about thecommemorations.

The police told Jamela and Dube that the “obtaining environment” doesn’tallow for them to hold such commemorations as they could be hijacked by someunruly elements who could turn them into violent protests.

The police told the ZLHR employees to reschedule their commemorations to alater date when the environment permits.

About 27 anti-riot police who were in two truckloads dispersed participants,who had gathered at Luveve Baptist Church for the International Women’s Dayfestivities.

ZLHR had organised commemorations at Luveve Baptists Church in the highdensity suburb to mark International Women’s Day. International Women’s Day iscelebrated each year on 8 March to mark the economic, political and socialachievements of women.

The ZLHR employees were advised that Zimbabwe was liberated as a result ofthe shedding of blood and that this country is not a “property” of the humanrights organisation.

Meanwhile, police on Tuesday 8 March 2011 arrested 16 women at the ZimbabweCongress of Trade Unions (ZCTU) Bulawayo offices and briefly detained them atthe Bulawayo Central Police Station.

The women were later released after the intervention of the ZCTU ParalegalOfficer. The women were arrested despite furnishing the police with a courtorder obtained by ZLHR lawyers on Monday 7 March 2011, allowing the ZCTU tostage a peaceful march in the city to commemorate International Women’sDay.

Tuesday8 March 2011

MISA PRESS RELEASE - Zimbabwe statement on International Women's Day

Objectification and denigration of women in the media must stop

MISA-Zimbabwe joins the rest of the world in commemorating InternationalWomen’s Day (IWD) today.

The 2011 United Nations (UN) theme for 2011 is, Equal access to education,training and science and technology: Pathway to decent work for women.

Guided by the SADC Gender protocols notably Articles 29-31 which relate tothe media, information and communications, MISA-Zimbabwe takes opportunity ofthis day to challenge the continued ‘objectification’ of women by the media andcertain sections of Zimbabwe’s advertising industry.

To objectify someone, is to reduce someone exclusively to the level of anobject. In Zimbabwe it is women that are mostly objectified in the media. Theimages that appear in several adverts tend to portray women as physical objectsthat should simply be admired if not savoured. Such images negatively projectwomen as having no other substantive attributes outside their physical andbodily make-up.

This portrayal of women totally ignores and seems oblivious to the fact thatwomen are also equal subjective beings with independent thoughts, consciencesand emotions.

A classical example of the objectification of women is DeltaBeverages’ Redds cider advertisement placed in The Standard weekly edition of6-12 March 2011.

The advert shows the posteriors of four women (they are definitely women asevidenced by their physique and manicured fingers) clad in tight fitting jeans.They are each holding a bottle of Redds smacked on their posteriors. The advertreads: Have great fun.

MISA-Zimbabwe condemns such portrayal of women in the media as reinforcingmedieval stereotypes that objectify women. The Redds advert is denigrating asit equates women’s posteriors to objects of ‘great fun’ to be enjoyed with aRedds drink!

MISA-Zimbabwe urges Delta Beverages to drop the advert and apologise toreaders and the generality of Zimbabwean women. Ironically, the advert inquestion is flighted in a supplement to commemorate International Women’sDay!

Although MISA-Zimbabwe cites Delta Beverages’ Redds advert, this negativeportrayal of women is not unique to Zimbabwe, but is prevalent throughout theglobal advertising industry.

MISA-Zimbabwe also notes with great concern the violation of the right toprivacy and human dignity in some of the stories carried by the two Zimpaperstabloids H-Metro and B-Metro, especially where it concerns women who are by andlarge the subjects and sources of the stories.

MISA-Zimbabwe therefore urges the two tabloids to mainstream gender balancein an accurate, fair and balanced manner in their reportage of socio-economicissues.

WOMEN AND MEN OF ZIMBABWE ARISE (WOZA) PRESS RELEASE - Victory for courage in Bulawayo and 4 released 3 arrested

At 10am today, Monday 7 March, Women and Men of Zimbabwe Arise (WOZA) sprangan early International Women’s Day protest. As well as issues related to thisspecial day, members wanted to protest the ongoing arrest and torture ofmembers this last week. As protestors marched they issued a newsletter callingon SA president Jacob Zuma and SADC leaders to help us end the violence.

The five protests began from locations surrounding the High Court. Two ofthe protests managed to reach the 8th Avenue Court but three protests weredispersed by riot police and army. Three women have been arrested but have notbeen located at the police station by human rights lawyers. WOZA is concernedfor their safety as police are hiding them. The three are Eneles Dube, JanetDube and Selina Dube.

As Bulawayo awoke to heavy police and army presence in the city, WOZAleaders decided to reduce the protest to the bravest of the brave numbering 500female and male members. Another strategy adopted was to conduct flashprotests, (appear and disappear as soon as police arrive). Additionally,headlines from the daily newspapers revealed an unofficial ban of rally andprotests.

Higher numbers of riot police were deployed at the previous target of WOZAprotests - The Chronicle. However they quickly heard the loud singing and ranup several city blocks to respond. The song that carried a strong message -Kubi kubi siyaya - noma kunjani - besitshaya; besibopha; besidubula, siyaya.Roughly translated “the situation is bad but we will still get where we aregoing, even if the beats us, arrest us, or shoot to kill us, we will getthere”. One police officer ordering one of the protests to disperse said - whatrights are you talking about? - you are lying, you want to start arevolution!

After they dispersed the protests, about 40 uniformed and plain clothedpolice officers picked up every single placard and newsletter, exposing two oftheir colleagues who had tortured members. One police officer came across a manholding the placard. He asked the man to show him it and asked why he waswriting on it. The man said he needs scrap paper to write something down. Theofficer took it and proceeded to carefully fold this A2 size placard into thesmallest piece imaginable and put it in his pocket telling the man, holdingsuch a thing is not allowed.

The protests taking place around International Women’s Day provide anopportunity to demand respect for Women’s rights and for peace in Zimbabwe. Thetheme adopted as part of the Constitutional reform process is ‘the rising ofthe women means the rising of the nation - No more poverty and starvation, manysweating for a few to benefit”.

After the dispersal of members, they did not go home but went straight toTredgold court to await the appearance of their colleagues. Forcing a furtherdeployment of Riot Police and plain clothed detectives to the remand courtwhere the stalemate seemed to endure.

Over the last week, members have been arrested and tortured by policeofficers in Bulawayo. Seven members on Monday 28th February and 4 on Saturday5th March 2011. The four currently in custody all have swollen faces and NomsaSibanda could not use her hands to hold her baby. At 10am they were due toattend court but for unknown reasons they had still not attended court by midafternoon. At 4:30pm, the state refused to prosecute and released the fourwithout them appearing in court to be officially charged.

WOZA and MOZA wish to send a stern message to the police force - there is nobasis for a state of emergency in Zimbabwe be it official or unofficial.According to the current constitution we have the right to protest and assemblypeacefully. If they are wanting to declare a state of emergency they will haveto justify it in law but the only people we see disturbing the peace are unitsof the Zimbabwe Republic Police, namely Riot squad, Police Internal SecurityIntelligence (PISI) like Mdawini, Law and Order detectives based at BulawayoCentral like George Levison Ngwenya. If they continue to arbitrarily arrest ourmembers we will respond with more protests and expose those who committorture.

WOZA leaders pay tribute to the courage of members who seeing the police andarmy all over could so easily have stayed at home but because of the pressurethey brought to bear, their colleagues have walked away without charge whenearlier in the week, their seven colleagues were being threatened with prisonand had to pay for their freedom.

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